Bonjour, nous sommes Catherine et David. Il y a trois ans, nous avons acheté une maison aux Bordes, qui est devenue notre maison d’hôtes, Notre Doux Logis.
Le déclic. Comment les cyclistes ont transformé leur activité
Nous sommes situés à cent mètres de la Saône, donc je me suis dit : « Pourquoi ne pas accueillir des pêcheurs ? » Et puis, la route qui passe devant chez nous, c’est La Voie Bleue.
En échangeant avec l’office de tourisme, on m’a expliqué que la Voie Bleue attirait beaucoup de cyclotouristes et que j’avais déjà tout ce qu’il fallait pour les accueillir, sans faire d’investissements majeurs. Nous nous sommes donc naturellement tournés vers le cyclotourisme. Aujourd’hui, 90 % de nos clients sont des cyclistes.
L'accueil & les services. Les petits plus qui font vraiment la différence.
Notre approche consiste à écouter attentivement les clients. En trois ans, on a eu plein d’idées. On s’est aperçus que notre présence toute la journée nous permettait de recevoir les cyclistes, que ce soit ceux de passage ou ceux qui séjournent chez nous. Les cyclistes de passage peuvent profiter du parc et des transats pour se reposer. Nous avons des noyers sous lesquels ils peuvent se mettre à l’ombre.
Nous leur offrons aussi de l’eau fraîche pour qu’ils puissent se désaltérer, et nous avons installé un brumisateur pour qu’ils puissent se rafraîchir.
Avec notre parc de 1 200 mètres carrés, nous pouvons accueillir les hôtes avec leur véhicule. Ils dorment à la maison, puis, le lendemain, ils prennent leur vélo et partent en laissant leur véhicule chez nous. Ils partent l’esprit tranquille : leur véhicule est en sécurité.
Nous pouvons aussi recevoir des cyclistes qui viennent en voiture uniquement pour faire une randonnée à vélo, sans dormir sur place. Ils laissent leur véhicule de la même manière, font leur tour à vélo, puis reviennent avant de repartir.
Nous avons également un local à vélos sécurisé, suffisamment grand pour accueillir au moins six vélos, avec six prises de courant à l’intérieur. Dans notre région, il fait parfois un peu humide. Nous avons donc mis à disposition des fils à linge pour que les cyclistes puissent faire sécher leurs toiles de tente.
Nous avons aussi investi dans des sèche-chaussures pour qu’ils puissent avoir les pieds au sec le lendemain. Dans la maison, nous mettons à disposition des chaussons jetables, parce que ce n’est pas très agréable pour les cyclistes de rentrer avec les pieds mouillés.
Nous pouvons également recevoir des campeurs dans le parc, où ils peuvent planter leur tente. Cette idée est venue de cyclistes qui sont passés en groupe l’année dernière. En voyant le parc, ils nous ont dit :
« C’est le genre d’endroit qu’on recherche pour poser une toile de tente. »
Ils nous ont convaincus de nous inscrire sur l’application HomeCamper, et c’est ce qu’on a fait. Entre-temps, j’ai aménagé des sanitaires et mis des prises de courant à leur disposition pour qu’ils puissent être autonomes.
Voilà quelques-unes des choses que nous avons mises en place pour satisfaire les clients.
Se restaurer. Manger, souffler, repartir.
Pour que les cyclistes ne soient pas en difficulté une fois arrivés à la maison, je leur propose naturellement de venir dîner à notre table d’hôtes.
Le repas est à 25 euros, hors boissons. Je propose des plats bourguignons faits maison, et nous pouvons discuter autour d’une table. C’est super sympa de parler de plein de choses, notamment de leur pays, parce que nous accueillons des personnes venues de nombreux pays.
Ce qui est rigolo, c’est aussi le défi de la langue : on apprend tous un petit peu. Je tiens également compte des allergies alimentaires et des personnes végétariennes pour adapter les repas à nos cyclistes et aux autres clients.
S’ils le souhaitent, je peux aussi leur préparer un pique-nique pour le lendemain ou leur cuire des œufs durs. Ça m’importe : ça fait partie de mon petit truc à moi.
En journée, David et moi avons mis en place une offre de snacking, avec des boissons, des croque-monsieur et des omelettes. De quoi redonner un peu d’énergie à nos cyclistes lorsqu’ils sont un petit peu à plat.
Et il n’y a pas que les cyclistes : nous pouvons recevoir n’importe qui. Tout le monde est le bienvenu à la maison. J’ai proposé à tous de venir dès leur arrivée, parce qu’à vélo, ce n’est évidemment pas facile d’annoncer une heure précise, comme : « J’arriverai à 17 heures. »
S’ils terminent leur étape à midi ou en début d’après-midi, ils peuvent prendre possession de leur chambre ou venir se détendre dans le parc, boire un petit coup, discuter, lire un bouquin ou manger un petit quelque chose.
Une vraie opportunité. Une activité qui compte humainement et économiquement.
Pour nous, c’est une aventure incroyable. On fait des rencontres. Les gens qui arrivent chez nous nous racontent leur histoire, leurs péripéties. Le fait d’avoir plusieurs nationalités permet aussi de créer des liens autour du repas.
Parfois, ils arrivent plus tôt dans la journée. On peut alors discuter des itinéraires qu’ils ont parcourus, des gens qu’ils ont rencontrés et des vélos un peu bizarres qu’ils ont pu croiser. Ce sont des informations que nous recueillons et qui enrichissent notre culture.
Pour créer des liens avec ces visiteurs, qui parlent souvent anglais, nous avons une amie anglophone que nous invitons régulièrement à la maison. Ça lui fait plaisir de pratiquer son anglais, et nous, ça nous fait plaisir de l’entendre parler.
Cette aventure nous entraîne aussi dans des histoires qu’on n’aurait pas imaginées. Un jour, on s’est retrouvés avec vingt-huit cyclistes à la maison, qui tournaient un peu en rond. Ils devaient se mettre à l’abri, mais ils n’avaient pas trouvé d’endroit.
Une Allemande qui venait de chez nous leur avait dit :
« Allez chez eux, ils vont vous recevoir. »
Ils sont donc arrivés et nous ont donné un coup de main. Nous avons installé les tonnelles, et tout le monde a pu se mettre à l’abri.
J’ai même fait une flambée, parce qu’il pleuvait et que les gens étaient mouillés. Ils ont pu se sécher et nous ont dit que c’était un miracle de nous avoir trouvés. Pour nous, c’était simplement de l’entraide.
C’était génial. Nous avons passé un moment fabuleux. Bien entendu, pour satisfaire les cyclistes, nous proposons des formules à la nuitée, mais aussi des services annexes : le snacking, les repas du soir et les petites réparations.
Tout cela nous apporte beaucoup, humainement et économiquement.
Le conseil. Ce qu'ils recommandent aux pros qui veulent se lancer.
Pour nous, la réussite, c’est la convivialité et la simplicité. Il suffit de les écouter et de se mettre à leur place.
Mon conseil pour commencer : un verre d’eau, un sourire, un endroit pour faire sécher leurs affaires… Ça fait déjà toute la différence.



